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mercredi 4 mai 2011

CHÉRIE, FAIS TA PRIÈRE







Avant de partir faire le tour du monde je m'étais promis de ne jamais manger de chien, de ne jamais voter pour un gouvernement conservateur,et de ne jamais prendre l'autobus la nuit.
Mais voila, cette semaine j'ai enfreint mon propre code.

Le premier mai, la fête des travailleurs, est un anniversaire important dans un pays communiste. On dirait que pendant ce long weekend, tout le Vietnam du nord est descendu au sud et tout le sud est monte au nord.
Résultat : embouteillages monstres dans les transports.
Avions, bateaux , trains ,impossible de trouver un billet tout est réservé depuis des mois.
Nous avons le choix, soit poiroter encore 5 jours à Hoi An ou prendre un bus la nuit.

J'ai compris lorsque l'autobus est arrivé avec 2 heures de retard pourquoi il y avait encore des billets. Le personnel nous traite comme du bétail. On nous aboie des ordres en vietnamien et comme on comprend rien ils crient encore plus fort. Résultat le niveau de stress vient de grimper d'un cran.
On poirote dans un stationnement à la grosse chaleur pendant des heures sans jamais nous dire ce qu'on attend. Les gens finissent pas s'impatienter et avoir envie pipi. Les plus braves risquent une sortie mais voila que durant leur absence le chauffeur décide de déplacer son autobus. Juste pour nous faire peur. Très drôle.
Finalement, alors que tout le monde est bien installé dans sa couchette c'est la surprise. On se rend au terminus pour prendre une trentaine de passagers supplémentaires. Il faut rentabiliser au max, on a beau être dans un pays communiste, on ne crache pas sur l'argent, on va nous tasser comme des cochons.
Le sympathique contrôleur qui continu d'aboyer après ses clients, utilise tout l'espace disponible.
Il met des clients dans les allées, dans les marches, certains sont debout pour un trajet de 14 heures. C'est dans cette joyeuse kermesse que j'apperçoit notre chauffeur.


Il est bien assis à l'extérieur en train de fumer une drôle de substance d'une grande pipe à eau.
Ce que je comprends, c'est qu'au lieu de prendre un café noir pour rester éveillé, les chauffeurs ici sortent une pipe d'opium. J'hallucine ! non il hallucine et c'est notre chauffeur.
Le plus étonnant, c est que personne ne semble s'en formaliser sauf moi.
C'est alors que je dis à Gigi : « fais ta prière. Je ne suis pas sûr qu'on va se rendre à destination.
Nous avons roulé dans l'obscurité à pleine vitesse. Le chauffeur parle à son cellulaire, fait des dépassements dangereux sur des ponts et de temps en temps en pleine course il rallume sa pipe.
Gigi qui a pris un ativan (drogue légale, mais efficace en certaines circonstances) a dormi, moi j'ai refait une prière sans fermer l'oeil. Nous sommes arrivés épuisés mais sains et saufs et ce n'est que le lendemain alors que je m'apprêtais à le dénoncer aux autorités que j'ai appris que la drogue en question est une sorte de tabac qui n'est pas illégale ici. Le chauffeur n'était donc pas gelé comme je le croyais mais si j'ai un conseil à vous donner, évitez donc de prendre un autobus la nuit.
AMEN

3 commentaires:

  1. Voilà le genre d'expérience qui exaspère et nous perturbe sur le coup, mais qui nous fait brailler de rire plus tard.

    Heureuse de vous savoir arrivés à bon port.

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  2. Et encore, le bus a ses quatre roues sur la route, imaginez la même chose en avion.
    Un copain qui est allé au Vietnam il y a quelques années m'a raconté le même genre d'histoire sur un vol intérieur, mais dans l'avion, un DC3 de la dernière guerre, il y avait aussi un cochon et des types qui faisaient leur cuisine sur un réchaud, au fond de la carlingue .

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  3. Le gars qui criait après tout le monde donnait des claques aux filles aussi pour qu'elles bougent plus vite...c'était pas beau à voir!

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