Nombre total de pages vues

lundi 6 juin 2011

GRAND-MAMAN A MAL À LA TÊTE

«On ne la voit plus beaucoup, elle occupe la pièce du fond dans la maison familiale. Tous les jours, on va la bouger, lui parler un peu et l'installer confortablement. Maman dit que grand-maman a mal à la tête. Mais la vérité c'est que grand-maman est morte depuis un mois. »


C'est comme ça au pays des Torajiens. Ils gardent leurs morts près d'eux dans la maison familiale, un mois, trois mois, un an s'il le faut.
Pour régler les problèmes d'odeur, on lui injecte du formol et on lui en fait boire un bon coup. Elle n'est pas considérée morte tant que la grande cérémonie funéraire n'a pas eu lieu. Ce jour là, toute la famille, tous les voisins, presque tout le village vient lui rendre un dernier hommage. En tout plus de mille personnes peuvent participer aux trois jours (ou plus ) de funérailles. Ils sont tellement nombreux qu'on doit construire des abris temporaires pour les accueillir. Par chance les gens apportent des offrandes, de l'alcool de palme, des cigarettes et des cochons. Beaucoup de cochons seront sacrifiés derrière l'estrade d'honneur.

C'est un vieux rituel païen que les missionnaires catholiques ont été incapables d'éliminer quand ils ont converti les Thorajiens au catholicisme. Si les funérailles sont faites selon la tradition, grand-maman deviendra un demi-dieu. Elle pourra parler directement à Dieu pour demander la protection de la famille.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire