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vendredi 22 avril 2011

MACHINE À DÉTRUIRE LA MISÈRE




En 1995, Christian des Pallières découvre avec horreur que des centaines d'enfants du Cambodge (période post Kmers rouges) travaillent dans la plus grande décharge de Phnom Penh. Le jour comme la nuit, ils ramassent les ordures, dans des conditions d'hygiène épouvantables. Et, le pire, ces enfants mangent ces ordures ignobles ...

Ils enfoncent jusqu'au mollet dans cette soupe de déchets : maladies, blessures, infections. Sans soins, sans école, sans nourriture suffisante, ils n'ont aucun espoir. Christian et son épouse Marie-France, décident alors de tout faire pour les sortir de la misère. L'aventure commence ainsi, avec une vingtaine d'enfants, au printemps 1996.

Nous sommes allés les rencontrer et voici le récit de leur exploit incroyable.

On fait une bonne demie heure de tuk-tuk et dès notre arrivée, des jeunes d'une vingtaine d'années nous accueillent en français. Notre jeune guide s'explime très bien. Il commence d'abord par se présenter : «j'ai 24 ans, je suis en 4e année à l'Université, droit et économie. Quand j'avais 6 ans j'étais un enfant sur la décharge. A cette époque, la décharge c'était le paradis...la seule façon d'arriver à se nourrir.»

Mission no. 1 : nourrir et soigner les enfants. Ils vont donc directement dans le dépotoir pour donner tous les jours un repas aux enfants et soigner leurs plaies. Le premier contact est établi. Il faut les convaincre de venir dans la petite école qu'ils ont construite, mais les parents ne sont pas prêts de les laisser partir comme ça. Ces enfants rapportent de l'argent pour nourrir la famille.

Mission no. 2 : nourrir les familles pour convaincre les parents. 16 tonnes de riz par semaine pour donner à manger aux familles. Les enfants peuvent donc quitter la décharge et s'instruire. Les écoles de rattrapage sont construites, on fait deux années en une. Puis, une infirmerie pour soigner tous les enfants mais aussi leur famille, gratuitement.

Mission no. 3 : permettre à ces gens de gagner leur vie. Ils se sont rendus compte que les enfants retournaient au dépotoir après, ils n'avaient pas de travail. Ils ont donc créé des écoles de perfectionnement en mécanique, hotellerie, soins corporels etc. Les plus doués se rendent même à l'université. 100 % . Tous se retrouvent sur le marché du travail après leur éducation. C'est pas mal ça! et ce sans aucune aide du gouvernement du Cambodge.

Mission no. 4 : étendre le programme. Ils ont maintenant aussi des familles d'accueil et des psychologues pour les enfants et les parents. La période Kmers rouges a créé d'énorme problèmes chez les adultes: alcoolisme, brutalité, toxicomanie. Plusieurs parents battaient leurs enfants et les obligeaient de se prostituer. Même des enfants qui n'avaient pas encore 10 ans, retrouvés ligotés sur des lits pour satisfaire les clients. On nous a raconté des dizaines d'histoires d'horreur.

Après toutes ces années, ce sont ces enfants qui maintenant enseignent aux plus jeunes. Nous avons mangé à leur restaurant un repas digne d'une école d'hotellerie, et tous les employés étaient des ex de la décharge.

7000 enfants bénéficieront cette année du programme créé par papie et mamie, surnom affectueusement donnés à Christian et Marie-France par les enfants. On pourrait dire que c'est une belle machine à détruire la misère.

Nous avons été incroyablement impressionnés.
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Ce miracle a été accompli grâce aux contributions de milliers de Français qui ont cru en cette mission.

Pour voir le site de Pour un sourire d'enfant
http://pse.asso.fr/index.php

2 commentaires:

  1. Quelle initiative! Je suis renversée par ce que ce couple a accompli en si peu de temps. Voilà sans doute les anges dont vous nous annonciez la venue.

    Je me rappelle avoir vu un reportage concernant ces enfants vivant dans les ordures. Ce n'est pas croyable! C'est évident qu'il y a une énorme différence entre le voir à la télé et le voir in situ. Fort heureusement, ces gens qui oeuvrent pour offrir espoir et avenir aux enfants opèrent de véritables prodiges. Cela relève de la bonté à l'état pur et mérite tout notre respect.

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  2. Ils sont tellement étonnants de calme, de politesse, de discipline et on sent le bonheur dans leur sourire. Si personne ne nous l'avait dit j'aurais cru qu'on était dans une école privée pour jeunes nantis!

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