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dimanche 30 janvier 2011

Marie-Christine



Conversation entre Sir Edmund Hillary et Urkien Sherpa extraite de Schoolhouse in the Clouds.
-Dites-moi, s'il y avait une chose que nous puissions faire pour votre village, quelle serait-elle?
-Avec tout le respect que je vous dois, Sahib, vous n'avez pas grand chose à nous apprendre en matière de force et d'endurance. D'autre part, nous n'envions pas votre agitation. Peut-être sommes nous plus heureux que vous? Nous aimerions cependant que nos enfants aillent à l'école. De tout ce que vous possédez, l'école c'est ce que nous souhaiterions le plus pour nos enfants.
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Je vous avais dit que je vous en reparlerais: Marie-Christine Gerber, un ange descendu du ciel. Nous l'avons rencontrée sur la rive ouest de Louxor. Là où toutes les fouilles archéologiques se font. Rien à voir avec la vraie ville. Ici c'est un autre monde, c'est Gourma.
Docteur aspirine, comme on l'appelle ici, est grande et mince et quand elle parle,on ne peut faire autrement que de l'écouter. Tout ce qu'elle raconte nous touche au plus haut point.
Elle était infirmière en Europe. Il y a 10 ans, elle est venue en Égypte avec toutes ses économies. Elle est, ce qu'on pourrait appeler, médecin de brousse. Elle soigne les gens du village gratuitement. Parfois, un paiement symbolique : trois oeufs ou une miche de pain. Pourquoi ils ne paient pas? Parce qu'ils sont pauvres, incroyablement pauvres. Elle fait aussi de l'éducation auprès des gens en ce qui concerne leur santé. Elle nous racontait qu'un monsieur lui disait avoir des brulures dans le ventre mais il lui montrait sa poitrine. Elle essaie aussi tant bien que mal d'informer les femmes. Elles ne connaissent rien à la sexualité. Elles se marient très jeunes sans savoir du tout ce qui les attend «Et les filles ici sont presque toutes excisées» dit-elle. Le sujet est délicat. On ne change pas les mentalités et les traditions d'un coup de baguette.
Elle continue toujours mais elle n'a plus rien. Toutes ses économies ont fondues comme neige au soleil.
Malgré tout, il y a deux ans, elle fonde une toute petite école de poterie d'art pour les enfants qui trainent dans la rue. Une douzaine de garçons sans avenir, de 10 à 18 ans, viennent ici trois fois par semaine apprendre un métier. Dans ce groupe il y a entre autres un aveugle, 2 jeunes prostitués,un autre qui a une tumeur au cerveau et son voyou comme elle l'appelle tendrement. Un des deux jeunes prostitués a dû retourner à la rue parce que sa famille mourait de faim.
Bref, elle exige d'eux qu'ils aillent à l'école (c'est elle qui défraient les coûts parce que les familles ne peuvent pas se le payer). Ils viennent ici trois fois par semaine, et Marie-Christine leur sert un repas le midi (les seuls vrais repas qu'ils prennent durant la semaine). Autre exigence: il faut aussi prendre une douche après le cours. Ces enfants adorent venir ici, ça les a transformé.
Mais le temps des vaches maigres approche.
Marie-Christine est au bout de ses forces. Elle n'arrive pas à obtenir l'aide nécessaire du gouvernement égyptien pour continuer. Les touristes sont assez rares cette année. En été ils n'y en pas du tout. Et avec les récents événements, ils ne sont pas sur le point de revenir cet hiver. Elle ne pense pas tenir plus que 5 mois à ce rythme là...après elle met la clé dans la porte.
Elle nous raconte tout ça et on sent que les larmes lui montent aux yeux.
Plusieurs personnes tentent de l'aider en apportant des médicaments, des jouets, des vêtements. En fait, il manque de tout ici : brosses à dents, dentifrice, vêtements, chaussures et bien sûr de l'argent pour faire fonctionner tout ça.
Elle reçoit d'une petite fondation suisse la somme de 500$ par mois pour faire fonctionner le tout...y compris pour survenir à ses besoins.
Si je n'avais pas été voyageuse à temps plein, je me serais dévouée à cette cause, parce qu'elle le mérite tellement.
Son rêve : que chacun de ces enfants puisse être autonome et gagner sa vie avec ce métier.
Je jette une bouteille à la mer...
Est-ce que quelqu'un aurait une bonne idée pour lui venir en aide. Je fais appel entre autre à mon groupe de Tai Chi qui arrive souvent à se mobiliser pour des bonnes causes.

5 commentaires:

  1. Difficile de passer outre, n'est-ce-pas? On rencontre un ange, puis on s'en va...

    Des gens comme cette Marie-Christine font que l'on ressente l'humanité comme... humaine, justement. J'espère de tout coeur qu'elle réussisse à trouver les moyens de poursuivre décemment son oeuvre.

    Malheureusement, je ne crois pas qu'elle puisse compter sur l'aide gouvernementale, car en ce moment le gouvernement a certainement d'autres priorités...

    Claire

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  2. Ici, en Italie, il y a une fondation qui pourrait peut-etre venir en aide a Marie-Christine - elle pourrait peut-etre envoyer un dossier: Fondazione Francesca Rava - N.P.H. Italia Onlus - v.le E. Caldara, 43 - 20122 Milano - Italia - Tel.: 0254122917 Fax: 0255194958.

    Pour pouvoir l'aider directement nous, simples mortels, pourrait-on obtenir les coordonnées de la dame?

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    1. Marie-Christine est aidée, surtout pour les aides médicales et alimentaires - l'école de poterie est surtout soutenue pas nos amis suisses, par l'association française SECHAT (ce qui n'est pas grand chose!) toutes les aides et les bonnes volontés sont les bienvenues! contact : sechat.association@voila.fr

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  3. C'est un merveilleux privilège de rencontrer ce genre de personnes . Elles ne sont pas si rares .C'est qu'elles restent dans l'ombre et ne font pas de bruit . Moi aussi , tout comme Diane , je voudrais bien avoir ses coordonnées ...

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  4. Les amis , lorsque vous lisez Régis , comprenez Marie-Hélène !

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